Bonjour,
Les débats changent-ils des choses?
En préparant ce message, j'ai fouillé ma mémoire pour me rappeler les débats qui semblent avoir changé la donne. Je me rappelle d'un débat où Jean Charest était chef du Parti progressiste conservateur (PPC). Dans les jours suivant le débat, l'intention de vote pour le PPC avait fait un bond de sept points. Mais le PPC était trop affaibli pour tirer parti de cette embellie et ses intentions de vote avaient lentement chuté par la suite.
Le même Jean Charest, en débat avec Bernard Landry et Mario Dumont, avait aussi fait une performance remarquable en 2003. Tant le PQ que le PLQ étaient en progression au détriment de l'ADQ dans les deux semaines précédant le débat. Après le débat, où Jean Charest avait révélé des propos considérés comme inappropriés de Jacques Parizeau, les intentions de vote pour le PLQ avaient continué à monter et celles du PQ s'étaient mises à descendre, assurant ainsi la victoire au PLQ.
Jack Layton avait aussi fait une excellente performance en 2011, performance qui avait été suivie par la "vague orange", soit une progression de 23% à 43% des intentions de vote pour le NPD en deux semaines. Toutefois, Jack Layton avait aussi fait une très bonne entrevue à "Tout le monde en parle" quelques jours avant le débat de sorte qu'il est difficile de départager ce que l'on peut attribuer à l'entrevue et ce qui découle du débat.
Il y a aussi eu un fameux débat entre Brian Mulroney et John Turner, auquel beaucoup attribuent la première victoire de Mulroney.
Toutefois, combien de débats "mémorables" qui semblent avoir changé la donne? Si on pense à tous les débats qui se sont tenus au cours des 30-40 dernières années, très peu sans doute.
Il demeure que, pour savoir si les débats changent des choses, il faut savoir où en étaient les partis avant les débats.
Où en sommes-nous?
Je vous présente les mêmes graphiques des intentions de vote depuis le 1er janvier que dans le dernier message, mis à jour avec les derniers sondages, incluant un sondage Research Co publié aujourd'hui.
Je n'inclus pas le sondage Mainstreet publié par Noovo pour deux raisons. D'une part, je viens d'avoir le rapport mais il n'y a aucune information sur les sous-groupes sinon la taille des échantillons. Je pourrais donc seulement entrer les données pour l'ensemble. D'autre part, c'est la deuxième fois que Mainstreet produit des chiffres qui sont très différents de ceux de toutes les autres firmes. Le rapport montre des problèmes importants, dont des groupes fortement sous ou sur représentés. J'attends donc de voir si d'autres sondages confirment le Mainstreet avant de l'intégrer et j'espère obtenir les informations pour les sous-groupes comme le font les autres firmes de sondage. ENFIN, point très important, je viens de découvrir qu'il s'agit d'un sondage interne de la CAQ. La position académique est de ne jamais inclure ces sondages parce que seuls les sondages qui font l'affaire du parti sont "coulés". Il y a donc un biais évident.
J'ajoute aux graphiques de l'évolution des intentions de vote depuis le 1er janvier un deuxième graphique des intentions de vote depuis le début août. Sous toutes réserves toutefois puisqu'il n'y a pas encore beaucoup de sondages publiés (n=13) et donc, on doit y voir une description simple des données disponibles.
Pour l'ensemble du Québec
L'évolution des intentions de vote donne de nouvelles informations par rapport à la dernière analyse. Une légère et récente tendance à la baisse pour le parti Québécois (PQ) se confirme. L'appui au PQ se situe maintenant sous les 30%. Les appuis à la CAQ - Équipe Christine Fréchette continuent de progresser. Ils auraient récemment dépassé les appuis au Parti Libéral du Québec (PLQ). Statistiquement, les deux partis sont à égalité en deuxième place, cinq à six points derrière le PQ. Tant Québec solidaire (QS) que le Parti conservateur du Québec (PCQ) sont en très légère remontée.
Si on réduit maintenant l'analyse aux sondages effectués en août et septembre (ceci inclut le sondage Léger effectué de fin juin à fin août), le graphique confirme une légère tendance à la baisse pour le PQ, une remontée de la CAQ jusqu'à la fin août environ, puis une légère baisse depuis ainsi qu'une stabilisation des appuis au PLQ en septembre. Les appuis au PCQ et à QS sont relativement stables depuis le début août.
Pour la RMR de Montréal
Pour ce qui est de la RMR de Montréal, la CAQ a continué de faire des gains, surtout aux détriments du PLQ, selon les sondages. Le PQ a aussi perdu quatre points de pourcentage depuis janvier (mais pas nécessairement récemment. QS et le PCQ par contre, ont fait des gains récents. Le deuxième graphique nous en dira plus.
Si on regarde le graphique pour la RMR de Montréal depuis le début août, on note une stabilisation récente du vote pour le PLQ après une légère baisse en août. Le PLQ demeure en tête dans la région. Tant le PQ que la CAQ - ECF apparaissent avoir perdus quelques appuis en faveur de QS et du PCQ. Sous toute réserve, étant donnée la taille des échantillons et le peu de sondages sur lesquels baser les analyses.
Pour les Francophones
La baisse des appuis au PQ constatée pour l'ensemble se voit également chez les Francophones. Le PQ y serait maintenant un peu sous 35%. Il a quand même une avance claire sur la CAQ dont les appuis se situent entre 15% et 30%. Les trois autres partis sont "dans un mouchoir de poche", entre 10% et 15%, loin derrière.
Depuis août, rien ne bouge ou presque chez les Francophones. Le PQ semble tout à fait stable. Par contre, la CAQ a fait de légers gains aux dépens du PLQ. Ce sont vraiment le PQ et la CAQ, quand même environ sept points derrière, qui dominent, les autres partis se situant entre 10% et 15%.
Pour les non-Francophones
Le graphique pour les non-Francophones doit être pris avec beaucoup de réserve étant donné les tailles d'échantillon, habituellement sous les 200 répondants. Les marges d'erreur sont donc énormes. Le PLQ domine, un peu en haut de 50%. Ceci dit, on voit bien sur le graphique la dispersion des évaluations des sondages. Les derniers sondages évaluent les appuis au PLQ entre 42% et 61%, ce qui est sans doute une sous-estimation.
La situation a été relativement stable depuis le début d'août chez les non-Francophones, si on excepte ce qui apparaît comme une remontée de QS qui aurait doublé ses appuis, faibles toutefois, passant de 5% à 10%.
En conclusion
Ces graphiques permettent d'avoir un portrait de la situation avant débat. Les faibles tendances constatées vont-elles s'accentuer. Des mouvements importants vont-ils apparaître. Comme disait l'autre, l'avenir est difficile à prévoir. Ceci dit, en l'absence de mouvements importants avant les débats, tout mouvement important à la suite serait sans doute attribué aux débats!
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