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15 septembre 2026

Avant les débats, que s'est-il passé?

 Bonjour,

Les débats changent-ils des choses? 

En préparant ce message, j'ai fouillé ma mémoire pour me rappeler les débats qui semblent avoir changé la donne. Je me rappelle d'un débat où Jean Charest était chef du Parti progressiste conservateur (PPC). Dans les jours suivant le débat, l'intention de vote pour le PPC avait fait un bond de sept points. Mais le PPC était trop affaibli pour tirer parti de cette embellie et ses intentions de vote avaient lentement chuté par la suite. 

Le même Jean Charest, en débat avec Bernard Landry et Mario Dumont, avait aussi fait une performance remarquable en 2003. Tant le PQ que le PLQ étaient en progression au détriment de l'ADQ dans les deux semaines précédant le débat. Après le débat, où Jean Charest avait révélé des propos considérés comme inappropriés de Jacques Parizeau, les intentions de vote pour le PLQ avaient continué à monter et celles du PQ s'étaient mises à descendre, assurant ainsi la victoire au PLQ.

Jack Layton avait aussi fait une excellente performance en 2011, performance qui avait été suivie par la "vague orange", soit une progression de 23% à 43% des intentions de vote pour le NPD en deux semaines. Toutefois, Jack Layton avait aussi fait une très bonne entrevue à "Tout le monde en parle" quelques jours avant le débat de sorte qu'il est difficile de départager ce que l'on peut attribuer à l'entrevue et ce qui découle du débat.

Il y a aussi eu un fameux débat entre Brian Mulroney et John Turner, auquel beaucoup attribuent la première victoire de Mulroney.

Toutefois, combien de débats "mémorables" qui semblent avoir changé la donne? Si on pense à tous les débats qui se sont tenus au cours des 30-40 dernières années, très peu sans doute.

Il demeure que, pour savoir si les débats changent des choses, il faut savoir où en étaient les partis avant les débats.

Où en sommes-nous? 

Je vous présente les mêmes graphiques des intentions de vote depuis le 1er janvier que dans le dernier message, mis à jour avec les derniers sondages, incluant un sondage Research Co publié aujourd'hui. 

Je n'inclus pas le sondage Mainstreet publié par Noovo pour deux raisons. D'une part, je viens d'avoir le rapport mais il n'y a aucune information sur les sous-groupes sinon la taille des échantillons. Je pourrais donc seulement entrer les données pour l'ensemble. D'autre part, c'est la deuxième fois que Mainstreet produit des chiffres qui sont très différents de ceux de toutes les autres firmes. Le rapport montre des problèmes importants, dont des groupes fortement sous ou sur représentés. J'attends donc de voir si d'autres sondages confirment le Mainstreet avant de l'intégrer et j'espère obtenir les informations pour les sous-groupes comme le font les autres firmes de sondage. ENFIN, point très important, je viens de découvrir qu'il s'agit d'un sondage interne de la CAQ. La position académique est de ne jamais inclure ces sondages parce que seuls les sondages qui font l'affaire du parti sont "coulés". Il y a donc un biais évident.

J'ajoute aux graphiques de l'évolution des intentions de vote depuis le 1er janvier un deuxième graphique des intentions de vote depuis le début août. Sous toutes réserves toutefois puisqu'il n'y a pas encore beaucoup de sondages publiés (n=13) et donc, on doit y voir une description simple des données disponibles.

Pour l'ensemble du Québec 

L'évolution des intentions de vote donne de nouvelles informations par rapport à la dernière analyse. Une légère et récente tendance à la baisse pour le parti Québécois (PQ) se confirme. L'appui au PQ se situe maintenant sous les 30%. Les appuis à la CAQ - Équipe Christine Fréchette continuent de progresser. Ils auraient récemment dépassé les appuis au Parti Libéral du Québec (PLQ). Statistiquement, les deux partis sont à égalité en deuxième place, cinq à six points derrière le PQ. Tant Québec solidaire (QS) que le Parti conservateur du Québec (PCQ) sont en très légère remontée.

 

 Si on réduit maintenant l'analyse aux sondages effectués en août et septembre (ceci inclut le sondage Léger effectué de fin juin à fin août), le graphique confirme une légère tendance à la baisse pour le PQ, une remontée de la CAQ jusqu'à la fin août environ, puis une légère baisse depuis ainsi qu'une stabilisation des appuis au PLQ en septembre. Les appuis au PCQ et à QS sont relativement stables depuis le début août. 

 

 Pour la RMR de Montréal

Pour ce qui est de la RMR de Montréal, la CAQ a continué de faire des gains, surtout aux détriments du PLQ, selon les sondages. Le PQ a aussi perdu quatre points de pourcentage depuis janvier (mais pas nécessairement récemment. QS et le PCQ par contre, ont fait des gains récents. Le deuxième graphique nous en dira plus.

 

Si on regarde le graphique pour la RMR de Montréal depuis le début août, on note une stabilisation récente du vote pour le PLQ après une légère baisse en août. Le PLQ demeure en tête dans la région. Tant le PQ que la CAQ - ECF apparaissent avoir perdus quelques appuis en faveur de QS et du PCQ. Sous toute réserve, étant donnée la taille des échantillons et le peu de sondages sur lesquels baser les analyses.

 

 Pour les Francophones

La baisse des appuis au PQ constatée pour l'ensemble se voit également chez les Francophones. Le PQ y serait maintenant un peu sous 35%. Il a quand même une avance claire sur la CAQ dont les appuis se situent entre 15% et 30%. Les trois autres partis sont "dans un mouchoir de poche", entre 10% et 15%, loin derrière.

Depuis août, rien ne bouge ou presque chez les Francophones. Le PQ semble tout à fait stable. Par contre, la CAQ a fait de légers gains aux dépens du PLQ. Ce sont vraiment le PQ et la CAQ, quand même environ sept points derrière, qui dominent, les autres partis se situant entre 10% et 15%.

 

Pour les non-Francophones 

Le graphique pour les non-Francophones doit être pris avec beaucoup de réserve étant donné les tailles d'échantillon, habituellement sous les 200 répondants. Les marges d'erreur sont donc énormes. Le PLQ domine, un peu en haut de 50%. Ceci dit, on voit bien sur le graphique la dispersion des évaluations des sondages. Les derniers sondages évaluent les appuis au PLQ entre 42% et 61%, ce qui est sans doute une sous-estimation.

 

La situation a été relativement stable depuis le début d'août chez les non-Francophones, si on excepte ce qui apparaît comme une remontée de QS qui aurait doublé ses appuis, faibles toutefois, passant de 5% à 10%.

 

 

En conclusion

Ces graphiques permettent d'avoir un portrait de la situation avant débat. Les faibles tendances constatées vont-elles s'accentuer. Des mouvements importants vont-ils apparaître. Comme disait l'autre, l'avenir est difficile à prévoir. Ceci dit, en l'absence de mouvements importants avant les débats, tout mouvement important à la suite serait sans doute attribué aux débats! 

28 août 2026

Élection québécoise: Ligne de départ

 Bonjour,

 Je vais couvrir les sondages de la campagne électorale qui commence comme je l'ai fait dans de multiples campagnes précédentes. Contrairement aux "agrégateurs", je ne m'intéresse pas aux projections de sièges mais plutôt à tracer l'évolution des intentions de vote de l'ensemble de la population et de divers sous-groupes. Pour estimer cette intention de vote, j'utilise ce qu'on appelle une régression locale. Il s'agit d'une procédure de lissage qui accorde plus d'importance aux intentions de vote qui sont plus proche les unes des autres et moins d'importance aux estimations qui s'écartent des autres. Le même type d'analyse est utilisé par Wikipedia (et peut même être effectué en utilisant ChatGpt). Ce type d'analyse est plus sensible aux mouvements dans les intentions de vote que les estimations utilisées par les agrégateurs.

Dans les graphiques, les points représentent des intentions de vote positionnées à la mi-période du sondage: un sondage réalisé du 24 au 26 août sera positionné le 25 août. Les lignes représentent l'évolution estimée des intentions de vote telles qu'estimées par la régression locale. 

Quelle est donc la situation en ce début de campagne? Le premier graphique montre l'évolution des intentions de vote depuis le début de janvier 2026. Il inclut le sondage Synopsis publié ce matin mais comme il est "seul", son impact sur l'analyse est minimal . Le graphique montre 

a) que le Parti québécois (PQ) aurait perdu environ trois points de pourcentage depuis janvier; 

b) que l'élection de Christine Fréchette à la tête de la CAQ (ligne bleu verticale) a fait grimper d'au moins cinq points les intentions de vote pour ce parti dans les semaines suivantes mais que cette montée s'est arrêtée deux mois plus tard, à la mi-juin; si on se fie au dernier sondage Synopsis toutefois, ces intentions de vote recommencent à progresser. Attendons au moins un deuxième sondage pour valider le tout. 

c) que la montée de la CAQ (nouvellement nommée Équipe Christine Fréchette (ECF?)) s'est surtout faite aux dépens du Parti Libéral du Québec (PLQ). Il est inexact de dire que "le PQ n'est plus seul en tête pour la première fois depuis trois ans" comme l'affirment certains medias puisque le PQ et le PLQ étaient à égalité dans six sondages entre la mi-avril et la mi-mai. Toutefois, comme on le verra par la suite, c'est très différent chez les francophones.

Qu'en est-il des Francophones?

Le même type de graphique donne un portrait instructif pour ce qui est des Francophones. Il montre que le Parti québécois a perdu près de cinq points chez les Francophones depuis janvier et que la CAQ - ECF a gagné 10 points durant la même période. Celle-ci prend des votes autant au PLQ qu'au PQ. Québec solidaire (QS) apparaît stable tandis que les appuis au parti Conservateur (PCQ) ont fluctué pour se retrouver au même niveau qu'en janvier.

 

 

Et la RMR de Montréal?

Pour ce qui est des dynamiques régionales, je me concentre sur Montréal parce que les échantillons dans les deux autres régions -- la RMR de Québec et le reste du Québec --  sont la plupart du temps trop petits pour tirer des conclusions fiables.

Le PLQ règne toujours dans la grande région de Montréal. Toutefois, la dynamique que l'on a perçu pour l'ensemble du Québec est très claire également dans cette région. Après une montée importante des intentions de vote à partir de janvier, le PLQ a perdu les appuis qu'il avait gagnés pour se retrouver au même niveau qu'en début de période. Le PQ a perdu environ deux à trois points. Encore là, la CAQ a fait des gains, surtout dans le 450 si on se fie au dernier sondage Synopsis. Le PCQ a aussi perdu un peu d'appuis et QS est stable.


 

 Un dernier mot sur les non-francophones, soit les allophones et anglophones

On parle peu des no-francophones dans cette campagne, sans doute un peu parce qu'on les considère concentrés dans certaines circonscriptions et acquis au PLQ. Les firmes de sondage, quelle que soit leur méthodologie, ont beaucoup de difficultés à les joindre et les échantillons sont vraiment petits (entre 107 et 214 répondants). Le graphique montre les intentions de vote mesurées pour ce groupe. De fait, le PLQ domine mais la courbe d'évolution est la même que pour les francophones. Toutefois, la baisse se ferait en faveur du PCQ, ce qui est peu plausible, la clientèle du PCQ se retrouvant surtout dans la région de Québec. On voit aussi une légère augmentation des appuis à la CAQ, de 6% à 12%. 

Il faut se questionner sur l'évaluation qui est faite des appuis au PLQ dans ce groupe. Ces appuis risquent d'être sous-estimés. L'analyse que j'ai faite de cette question il y a très longtemps semble encore valide. Il s'agit de ce que j'avais appelé le "paradoxe de l'anglo péquiste". En gros, l'idée est que, plus il est difficile de rejoindre un groupe de la population -- les jeunes, les allophones, etc. -- plus ceux qui sont rejoints sont susceptibles de ne pas être représentatifs de leur groupe. Toutefois, vérification faite dans les sondages publiés jusqu'à maintenant, la relation entre la proportion de non-francophones et l'intention de vote pour le PLQ chez ces derniers est quand même faible.

Un dernier point sur les non-francophones. On sait qu'ils sont très concentrés dans certaines circonscriptions. Toutefois, en 2014, j'avais montré que le vote des non-francophones , généralement fortement opposés à la Charte des valeurs proposée par le PQ à l'époque, avait fait perdre trois circonscriptions au PQ, entre autres parce qu'ils s'étaient fortement mobilisés pour aller voter. 

On trouve des circonscriptions majoritairement non francophones dans plusieurs parties de  l'île de Montréal et plus de 30% de non francophones à Laval, mais on trouve aussi 25% de non Francophones dans Camille Laurin, 27% dans Rosemont, 33% dans Mercier et 36% dans Ste-Marie-St-Jacques. Dépendamment des enjeux de la campagne, la mobilisation ou pas des non Francophones peut changer la donne dans des circonscriptions où on ne les attend pas nécessairement.

 

En conclusion

Pour les sondeurs, l'élection de 2026 peut apparaître comme "l'élection de tous les dangers", étant donné le nombre de partis compétitifs: La moins grande distance entre les partis facilite les changements de camp. Il faudra suivre les sondages attentivement pour avoir une idée de ce qui se passe, se garder de conclure à partir de petits échantillons et se rappeler qu'"un sondage ne fait pas le printemps".

21 avril 2026

The Hungarian Polls, a final update

 

Prepared by Tamás Bodor, University of Wisconsin, and Claire Durand. Université de Montréal

All votes have now been counted for the 2026 Hungarian national election. According to the final tally, Tisza won 53.5% of the votes, which amounts to a 14.7-point lead over Fidesz (38.9%.) This final tally, however, is not suitable for assessing the performance of pre-election polls: it includes over 300,000 mail-in ballots cast by members of the Hungarian diaspora and nearly 85,000 in-person absentee votes cast abroad, which were not included in the sampling frames of the polls.

As our Hungarian colleague Gábor Tóka pointed out, our first report on April 13 was based on a preliminary vote count that was not yet sufficiently accurate. First, by the time we obtained the preliminary count on April 13, most mail-in ballots were already included in the total. Moreover, hundreds of thousands of domestically cast absentee ballots had not yet been counted. While the former, the diaspora ballots, heavily favored Fidesz, the latter were strongly favorable to Tisza.

For our updated report, we are now using the final tally from which we excluded mail-in votes. Moreover, we also excluded in-person absentee votes cast abroad. We assumed that these 85,000 absentee votes favored Tisza 63% to Fidesz’s 31%, just as the outstanding votes as of April 13 did. Accordingly, we estimate that Tisza received 55.65% of the domestic votes, while Fidesz received 36.40%, amounting to a 19.25-point victory for Tisza domestically. We believe that these figures correspond most closely to the poll’s sampling frame. They are very similar to Gábor Tóka’s estimate of April 14 (55.7-36.3) and to the Wikipedia estimate of the constituency vote (55.3-36.7).

With these new numbers, our conclusion has changed. The new estimates are presented in the following table:

This shows that Medián and 21 Kutatóközpont who had “boosted” the difference between Tisza and Fidesz in their likely voter model were right. Their estimates are closer to the comparable election results. Overall, excluding McLaughlin, who is clearly an outlier, the polls overestimated Fidesz by an average of 3.3 points and underestimated Tisza by 1.8 points, and at least one of their estimates is outside their margin of error (except for Median and 21 Kutatóközpont). This could be partly due to pollsters’ caution, given their underestimation of Fidesz in 2022. This could also be due to voters, given the very high turnout.

Conclusion:

Our first concern was to see what would happen as the campaign went on, since two groups of pollsters published contradictory estimates. The answer: All pollsters whose estimates showed a Fidesz lead earlier, except one, -, stopped publishing weeks before the election, which speaks for itself. The one exception: McLaughlin & Associates, maintained that Fidesz led Tisza using an in-person survey, which also speaks for itself.

Our second concern was the performance of the new polling methods.  These new methods varied and accounted for most polls published in April. We did not find any substantial and systematic differences according to the mode of administration and sampling source, as the two are related.

Our last point is about the proportion of undecideds, in fact non-disclosers, that is, all the respondents who do not inform their preferences. This proportion remained quite high until the end, regardless of the mode used. This may partially explain the difference between the polls’ estimates and the votes.

Best,

Claire Durand and Tamás Bodor

13 avril 2026

The Hungarian Election Polls, the Day After

 

Hungarian Election polls, the Day After

Prepared by Claire Durand (Université de Montréal) and Tamás Bodor (University of Wisconsin)

Hi,

To follow on our post on Friday, here are our observations regarding the pollsters’ work for the Hungarian election. We examine the quality of the polls that were conducted during April.

1.      1. Let us notice that the pollsters who were considered close to the opposition or independent produced very good estimates in general. On average, there is only a 1.1 difference between the polls and the results of Tisza and 0.9 difference for Fidesz. Both parties were very slightly overestimated by these pollsters (see table below).

2.      2. Here is the table of the results, based on the official results available on Monday, April 13, 4PM. They are not likely to change much.

3.      3. However, three of these pollsters overestimated Tisza and underestimated Fidesz. Interestingly, two of these pollsters are the ones we referred to in our previous post – Medián and 21 Kutatóközpont – whose allocation of undecideds was not proportional and gave an advantage to Tisza over Fidesz. The “pure” proportional allocation would possibly have led to better estimates.

4.      4. We can hardly speak about the polls that were considered close to the government because none of them published any poll in April, besides one. The only pollster of this group who published a poll is the American pollster McLaughlin. It underestimated Tisza by 12.8 points and overestimated Fidesz by 6.2 points.  These numbers speak for themselves.

5.      5, The pollster Nézőpont, considered close to the government, issued a statement regarding its performance. It recognized that its estimates were not accurate and informed that it will analyse how it could explain the situation.

6.      6. In terms of modes of administration, only three pollsters used live phone interviews and one, in-person interviews (McLaughlin). The others used a mix of different modes (see table). Atlas Intel, a Brazilian pollster present in other electoral campaigns (U.S.A., France, at least), with usually good estimates, also appeared in this campaign. It uses a mode of administration it calls random digital recruitment, etc. It consists in recruiting respondents on the web through apps and web sites with whom the pollster has agreements. It has the advantage of randomness and being web-based.

Conclusion:

There were a few things going wrong in the polls for the Hungarian election. First, a major difference appeared in estimates almost uniquely based on the pollsters presumed affiliation. This is “not normal”. It means that there is likely some “tempering with data” based on hypotheses made on the voters’ behavior. The use of likely voter models that are not transparent is usually associated with such results, but we have never seen such a substantial difference.

We did not always have the necessary information to assess whether allocation of undecideds or likely voter models explained the differences between pollsters. In fact, the last published polls were even less transparent than the polls published before during the campaign.

Two situations are worth mentioning. First the government-leaning polls were much less transparent – three out of five did not inform on the proportion of undecideds and on the estimates before allocation of these undecideds. In addition, four out of five did not publish polls in April. These pollsters need to examine their methods and the information they provide. It is a good point that Nézőpont informs that it will do so.

Besides, among the opposition-leaning or independent pollsters, some estimates were clearly boosted in favor of Tisza. The good news is that we could notice it because the pollsters were transparent and presented their estimates before and after allocation of the undecideds. However, they did not provide this information for their polls published in April.

 

Best,

Claire Durand and Tamás Bodor.