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05 avril 2014

Der de der - A quoi se fier?

Bonjour,

J'ai inclus pour ce dernier message les derniers sondages de EKOS et de Léger. J'analyse les sondages publiés depuis janvier pour avoir une idée de l'évolution générale, y compris avant la campagne. La présentation se fait en trois temps: Le total, les francophones, les trois grandes régions.

Au total,

La bonne nouvelle est que les firmes font une évaluation très similaire de l'évolution et de l'état actuel des intentions de vote, quelle que soit la méthode utilisée (Web pour Léger, Crop et Ipsos, téléphone automatisé pour Forum et EKOS) et ceci même si les deux derniers sondages utilisent des méthodologies très différentes: Le sondage EKOS est fait sur huit jours en téléphonique automatisé alors que le sondage Léger est fait sur deux jours en panel WEB.

Voici une illustration de l'évolution des intentions de vote telles que publiées. Notons que depuis le CROP publié le 18 mars, sept des huit sondages publiés ont mis le PLQ entre 37% et 41%. Seul Forum fait exception avec 45% le 20 mars. Pendant ce temps, le PQ serait passé de 36% à 29% et la CAQ, de 13% à 23%. Les intentions de vote pour Québec solidaire sont tout aussi stables que celles du PLQ. La récente montée de la CAQ se fait donc essentiellement aux dépens du PQ.



Et les discrets? À toutes les élections, j'ai fait une répartition non proportionnelle des discrets pour tous les sondages avec un certains succès. Notons que cette répartition change peu les intentions de vote quand 1) il y a peu de discrets (ce qui est le cas des derniers sondages) et 2) quand les intentions de vote se répartissent de façon très similaire à ma répartition (soit 50% PLQ, 25% PQ et 25% CAQ). La répartition proposée permet de corriger pour plusieurs phénomènes qui ont fait que, généralement, le PLQ est sous-estimé dans les sondages. Elle corrige également pour le fait qu'il est arrivé à la CAQ d'être sous-estimée également. Certains m'ont fait remarquer qu'avec les mêmes arguments que j'ai avancés pour le PLQ, on pourrait penser que le PQ serait surestimé cette fois-ci. Hypothèse à considérer mais peu plausible. La seule fois où les sondages ont sous-estimé le PQ, c'était en 2008 alors que le PLQ était clairement en terrain majoritaire et que le taux de participation a été très faible. Or cette fois-ci, le PLQ n’apparaissait pas comme un gagnant sûr en début de campagne et le taux de participation s'annonce élevé. On verra lundi si j'ai eu raison.

Voici donc  l'illustration des intentions de vote avec répartition non proportionnelle des discrets. Peu de différence avec le graphique précédent sinon que le PLQ se situe plutôt autour de 40% et que la chute du PQ apparaît moins prononcée (de 34% à 29%) tout comme la montée de la CAQ (de 15% à 24%).  Selon ce modèle, les intentions de vote seraient à 40% pour le PLQ, à 29% pour le PQ, à 24% pour la CAQ et à 8% pour Québec solidaire. Dans le simulateur de Bryan Bréguet - Si la tendance se maintient --, ça donne 69 PLQ, 43 PQ, 11 CAQ et 2 Québec solidaire soit un comté de plus au PLQ et un de moins à la CAQ que si on utilise les chiffres avec répartition proportionnelle.


Et les francophones

J'inclus le graphique pour les francophones par souci de cohérence (je l'ai inclus précédemment). Toutefois, les résultats, en particulier pour le PLQ, varient tellement entre les firmes qu'il est permis d'avoir des doutes importants sur leur fiabilité. Si la tendance apparaît claire, il demeure qu'il s'agit d'une tendance moyenne -- "les pieds dans la glace et la tête dans le four, en moyenne on est confortable" -- et que certaines firmes placent le PLQ nettement en avance ou à égalité avec le PQ alors que d'autres mettent le PQ en avance. À titre d'exemple, l'estimation des intentions de vote pour le PLQ varie entre 30% et 42% depuis le dernier CROP publié le 18 mars.

Pour ce qui est des trois derniers sondages -- l'information n'est pas disponible pour EKOS --, le PLQ est estimé entre 29% et 39%, le PQ entre 30% et 35% et la CAQ entre 20% et 27%. Étant donné la taille des échantillons, il s'agit de variations "anormales". Je pense que cela peut dépendre de plusieurs facteurs que toutes les firmes devraient regarder sérieusement.


Les variations régionales

Les intentions de vote par région sont intéressantes parce qu'elles nous permettent de voir si les résultats pour l'ensemble du Québec cachent des variations différentes selon les régions.

Dans la RMR de Montréal, on note une tendance assez similaire à la tendance nationale. Notons toutefois que nous ne pouvons inclure les données du dernier EKOS dont le découpage régional est différent des autres firmes ni le Léger publié le 25 mars pour les mêmes raisons. IPSOS nous a gracieusement fourni les estimations pour les régions "traditionnelles". L'évolution semble être la même dans la région de Montréal que dans le reste du Québec même si la CAQ apparaît moins forte. Toutefois, ceci cache des différences entre l'île de Montréal où ce dernier parti est très faible (9% selon IPSOS et 14% selon EKOS) et le reste de la RMR où il est nettement plus fort (à 22% selon IPSOS, à 27% selon EKOS).

Dans ces données également, on note une forte variation dans l'estimation des intentions de vote pour le PLQ. Ceci est lié à l'estimation de l'intention de vote des non-francophones qui constituent plus du tiers de cette population. Cette estimation varie entre 71% (Léger et CROP) et 88% (FORUM) selon les firmes.


Le reste du Québec comprend toutes les régions à l'exception des RMR de Montréal et de Québec. Le graphique illustre l'évolution des intentions de vote. Encore là, l'évolution semble la même que pour l'ensemble du Québec avec une stabilisation récente du vote PLQ et une remontée de la CAQ. Le PQ se retrouve environ cinq à six points derrière le PLQ et la CAQ à dix points derrière.


Pour ce qui est de la RMR de Québec, j'inclus le graphique mais il faut noter que la taille des échantillons est très petite et les variations dans les estimations très importantes. Encore là toutefois, on constate des évolutions très similaires à celles constatées pour l'ensemble du Québec. La principale différence est que les intentions de vote pour la CAQ sont plus élevées que celles du PQ. La dernière estimation du sondage Léger mettant la CAQ au même niveau que le PLQ apparaît toutefois différer de celle des autres firmes qui donnent plutôt une avance de 10 points au PLQ sur la CAQ.


En conclusion,

Les dynamiques régionales apparaissent très similaires à la dynamique générale, le PLQ ayant fait des gains partout. Le PLQ est à 40% dans les deux RMR mais plus bas, à 36% environ dans le reste du Québec. Le PQ apparaît quant à lui autour de 30% dans la RMR de Montréal et dans le reste du Québec mais à 20% seulement dans la RMR de Québec. Enfin, la CAQ, autour de 20% dans la RMR de Montréal et le reste du Québec, se démarque dans la RMR de Québec avec des intentions de vote autour de 30%. Je laisse les spécialistes du transfert en nombre de sièges décoder les impacts possibles.

Les sondages prédiront-ils bien le vote? Il y a une assez bonne concordance entre les estimations, ce qui est bon signe. Par contre, la situation est en évolution, plus particulièrement pour ce qui est des intentions de vote pour la CAQ et pour le PQ. Ceci peut réserver des surprises lundi et inciter au vote stratégique dans certaines circonscriptions. Toutefois, cela ne devrait pas changer le résultat global. Le vote stratégique est peu fréquent et se produit essentiellement là où les courses sont serrées. Je maintiens que mon hypothèse de répartition non proportionnelle des discrets devrait être appropriée mais elle ne change pas beaucoup l'estimation des intentions cette année.

03 avril 2014

Où en sommes-nous: les discrets, les francos.

Bonjour,

Cette campagne est finalement pleine de rebondissements. Je n'ai pas écrit beaucoup parce que je manquais dramatiquement de matériel (sondages). Dès le début de la campagne, je me suis posée la même question qu'en 2012: Les sondages sont-ils susceptibles de sous-estimer le PLQ? En début de campagne, la réponse à cette question était relativement claire puisque, lorsqu'une victoire du Parti Québécois apparaît possible, la sous-estimation du vote pour le PLQ est presque automatique.

Qu'en est-il maintenant? Voyons d'abord l'évolution des intentions de vote depuis janvier, telles que publiées. Je n'ai pas fait d'analyses statistiques parce que je considère qu'il n'y a pas assez de sondages pour le faire. Il s'agit donc simplement de courbes lissées à partir des résultats des divers sondages (les points sur le graphique).



Au moment du déclenchement de la campagne, le PLQ et le PQ apparaissaient à égalité dans les sondages alors que la CAQ était loin derrière. La première phase de la campagne a amené le PLQ à monter aux dépens du PQ. Les derniers sondages attestent d'une stabilisation des intentions de vote pour le PLQ, d'une poursuite de la baisse des intentions de vote pour le PQ et d'une remontée de la CAQ. Cette évolution amènerait le PLQ à 40%, le PQ à 29% et la CAQ à 19%.

Ces estimations sont-elles biaisées?
Lors des élections précédentes, j'ai fait des estimations avec une répartition non proportionnelle des discrets (incluant tous ceux qui ne révèlent pas une intention de vote) qui attribuait 50% de ces derniers au PLQ, 25% au PQ et 25% à la CAQ. Aucun discret n'est attribué aux petits partis. Entretemps, mes recherches ont montré que, outre le vote des discrets eux-mêmes, deux facteurs supplémentaires pouvaient expliquer la sous-estimation du vote PLQ. D'une part, la participation des électeurs du PLQ est plus forte lorsque des enjeux les mobilisent. L'enjeu habituel est la peur d'un gouvernement majoritaire du Parti Québécois et d'un éventuel référendum. A cet enjeu s'est ajoutée la mobilisation des opposants à la Charte. Il est donc plausible de penser que les électeurs du PLQ se mobiliseront plus que d'habitude. Par ailleurs, d'autres recherches ont montré une tendance des électeurs qui votent pour les partis susceptibles de prendre le pouvoir à aller voter plus que les autres. Cette tendance avantage le PLQ à ce moment-ci de la campagne.

D'autres facteurs sont susceptibles d'entraîner une sous-estimation du PLQ et de la CAQ, soit le fait que la plupart des sondages sont des panels WEB et que ces derniers surestiment très fréquemment la gauche (même si cela ne s'est pas encore produit dans les élections québécoises). De plus, en 2007, l'ADQ avait été sousestimée. La répartition non proportionnelle que je propose permet également d'accorder un peu plus de vote à l'ADQ.


Ceci dit, étant données les intentions de vote actuelles, la répartition non proportionnelle des discrets proposée change peu de choses. Elle donne un peu plus de points au PLQ et à la CAQ aux dépens du PQ. Voici le graphique.


Le PLQ se retrouverait donc à 41%, le PQ à 28% et la CAQ à 20%. Lorsque j'entre ces chiffres dans le simulateur de "Si la tendance se maintient", j'obtiens 74 sièges au PLQ, 44 au PQ, 5 à la CAQ et 2 à Québec solidaire.  Il reste à voir le dernier Léger et, qui sait, un sondage Forum. Je referai l'exercice lorsque ces résultats paraîtront.

Le vote des francophones

Un dernier mot sur les "francophones". J'ai eu des nombreuses discussions sur ce qui apparaît comme des estimations contradictoires ou à tout le moins des surprenantes du vote des francophones. Il faut d'abord noter que le terme "francophones" ne veut pas nécessairement dire la même chose selon les firmes. Pendant longtemps, CROP utilisait la langue d'usage alors que Léger se fiait plutôt sur la langue maternelle. Les deux firmes utilisent maintenant la langue maternelle. Les firmes ontariennes quant à elles ont souvent utilisé la langue d'entrevue et ne font généralement pas de pondération ou de correction pour que la proportion de francophones soit bien représentée dans les sondages ce qui les a souvent amenées à surestimer les intentions de vote pour le PQ ou le Bloc.

Dans les circonstances, si on met les estimations du vote des francophones de toutes les firmes ensemble, on obtient des estimations variables. Toutefois, ces estimations varient surtout pour le PLQ alors qu'elles sont relativement cohérentes pour les autres partis. Ceci peut refléter la difficulté d'avoir une bonne estimation du vote PLQ chez les francophones étant donné la concentration régionale de ce vote.


Il demeure que le graphique illustre la tendance à une chute des intentions de vote pour le PQ après le "sursaut" de février et à une hausse des intentions de vote pour le PLQ. Les intentions de vote pour la CAQ quant à elles ont d'abord diminuées. Elles sont en remontée depuis deux semaines, ce qui permet à la CAQ de revenir à son niveau du début de janvier.



Au plaisir

01 avril 2014

Montréal, la Charte et le vote

Bonjour,

Voici le lien à l'article dans La Presse d'aujourd'hui où j'analyse l'évolution conjointe des appuis à la Charte de la laïcité et des intentions de vote depuis septembre 2013.

Montréal, la Charte et le vote, La Presse, 1er avril 2014

Pour compléter cet article, quelques graphiques et des informations complémentaires. D'abord, l'évolution des appuis à la Charte (lignes pointillées) et de l'intention de vote pour le Parti Québécois (lignes pleines) chez les francophones. Les informations pour la région de Montréal sont en bleu alors que celles pour le reste du Québec sont en mauve.

On voit qu'après une hausse de 10 points en octobre, l'appui à la Charte est demeuré stable depuis tant chez les francophones de la région de Montréal que chez ceux du reste du Québec. Par contre, alors que chez les francophones du reste du Québec, l'intention de vote pour le parti Québécois est demeurée stable, dans la région de Montréal, on note une hausse importante en février. Cette hausse est suivie d'une baisse en mars, baisse qui s'est poursuivie par la suite si on se fie aux autres sondages publiés par après (voir plus loin).

Certains ont noté que l'appui à la Charte est plus élevé chez les franco-Montréalais que chez les francophones hors Montréal. Il s'agit d'une situation qui s'explique par le fait que la diversité se vit surtout dans la région montréalaise. C'est donc dans cette région que la population peut la considérer plus nécessaire. Rappelons que l'appui général à la Charte est influencé par l'appui à une majorité de propositions qui font consensus chez tous les partis politiques. De fait, le sondage CROP de février montre que c'est dans la région de Montréal que les répondants - francophones comme non francophones - sont les plus susceptibles de dire que le débat sur la Charte influencera leur vote. Au final toutefois, l'influence nette apparaît neutre pour le Parti Québécois. Il est plausible de penser que, s'il est allé chercher des appuis chez certains francophones, il a en même temps perdu des intentions de vote chez les francophones opposés à la Charte et chez les non-francophones.





Le graphique suivant illustre l'évolution des intentions de vote pour l'ensemble de la région de Montréal, telle qu'estimée par tous les sondages. Comme le précédent, il montre une stabilité des intentions de vote pour le Parti Québécois à l'automne et une montée importante de ces intentions de vote en février 2014, confirmée par trois sondages. Toutefois, cette hausse a été de courte durée puisque les sondages suivants montraient les intentions de vote pour le Parti Québécois au même niveau qu'à l'automne. Il s'agit donc d'une hausse conjoncturelle. Les prochains sondages permettront de voir si la situation a changé. L'absence de sondages depuis 10 jours ne nous permet pas de bien saisir l'évolution des intentions de vote.



 En conclusion, il faut bien sûr attendre les derniers sondages. Il faut également se demander, comme lors des élections précédentes si les sondages sont susceptibles de sous-estimer le vote pour le PLQ. Mon prochain billet inclura les derniers sondages et se penchera spécifiquement sur cette question.

Au plaisir

19 mars 2014

L'appui à la souveraineté, évolution et appuis

Bonjour,

Voici le lien au texte publié dans La Presse aujourd'hui concernant l'appui à la souveraineté où je conclus que bien qu'il ait augmenté de cinq points depuis l'élection du Parti Québécois en septembre 2012, l'appui demeure en deçà de ce qu'il était avant les deux référendums de 1980 et de 1995. Différence majeure toutefois, l'appui ne se différencie pas en fonction de l'âge, ce qui était le cas en 1980 et 1995.

http://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201403/18/01-4749041-les-jeunes-decrochent-de-la-souverainete.php

Pour illustrer ce texte:

L'évolution de l'appui depuis 2008 et depuis l'élection de 2012. Ce premier graphique illustre l'évolution de l'appui depuis 2008, soit le moment où les sondeurs ont cessé d'inclure la mention d'une association avec le reste du Canada dans le libellé de la question.  On voit que l'appui est demeuré longtemps à 40% pour descendre aux alentours de 35% à l'automne 2012 puis remonter par la suite.


Le deuxième graphique montre l'évolution depuis l'élection de 2012. On voit clairement qu'il y a eu une légère remontée depuis cette élection.


Le graphique suivant montre la relation entre l'appui à la souveraineté et les groupes d'âge dans 4 sondages effectués depuis 1979. Pour 2013, j'ai utilisé le sondage CROP de septembre, le seul que j'avais en mains à ce moment-là. La situation est peu susceptible d'avoir changé. On voit que l'appui à la souveraineté, très fortement lié aux groupes d'âge en 1979 et en 1995, ne l'est plus vraiment.

Quant à la scolarité, elle a joué au total en 1979. Dès 1995, l'effet net semblait avoir disparu. Toutefois, si regarde l'effet de la scolarité pour chaque groupe d'âge, on constate que, chez les 55 ans et plus, ceux qui ont une scolarité universitaire sont plus favorables à la souveraineté que les autres 55 ans et plus.


En conclusion, il y a un effet générationnel dans l'appui à la souveraineté. Toutefois, d'autres recherches que j'ai faites ont montré que, pendant la campagne référendaire de 1995, ce sont seulement les moins de 55 ans qui avaient changé d'avis pendant la campagne. Donc, ceux qui sont moins souverainistes en ce moment sont aussi les plus susceptibles de bouger pendant une campagne.

Enfin, pour ce qui est de l'évolution de l'intention de vote de 1976 à 2008, vous pouvez vous référer à l'article suivant de Yale et Durand: What did Quebeckers Want? Evolution of support for sovereignty 1976-2008 et aux archives des sondages sur la souveraineté comprenant l'information sur tous les sondages que nous avons repérés : Archives des sondages sur l'appui à la souveraineté

Au plaisir

15 mars 2014

Intentions de vote - où en sommes-nous?

Bonjour,

Avec la publication récente de quelques sondages, il est temps de faire une mise à jour. Mon dernier message de blog présentait l'évolution des sondages depuis la dernière élection. Je me limite maintenant aux sondages publiés depuis le début septembre 2013. Comme en 2012, je fais une répartition non proportionnelle des discrets (50% au PLQ, 25% au PQ et 25% à la CAQ) pour ce qui est des estimations de l'intention de vote totale. Cette répartition avait donné une sous-estimation de deux points pour le PLQ en 2012 et une surestimation de un point pour le PQ, à l'intérieur de la marge d'erreur, alors que la répartition proportionnelle telle que publiée par les firmes sous-estimait le PLQ par 3,6 points. Soulignons que la répartition non proportionnelle change peu de choses lorsque la proportion de discrets est basse. Enfin, je présente des estimés de l'évolution des intentions de vote pour les francophones, pour la RMR de Montréal, celle de Québec ainsi que le reste du Québec, ce qui permet de décomposer d'où viennent les mouvements.

Voici les graphiques donnant le portrait de l'évolution des intentions de vote. Les points représentent l'évaluation faite par chacun des sondages alors que les lignes représentent une estimation de l'évolution. Les analyses statistiques montrent une évolution significative -- faible et positive -- uniquement pour le Parti québécois.

Le premier graphique illustrant les intentions de vote telles que publiées montre les deux principaux partis à égalité, comme tout le monde a pu le constater étant donné les résultats des derniers sondages.


 Le graphique suivant montre la situation lorsque l'on effectue une répartition non proportionnelle des discrets. Il montre que le PLQ serait légèrement en avance sur le PQ.


Si les tendances illustrées se confirmaient dans les prochains sondages, on aurait une situation très similaire à celle de l'élection de 2003 où le PLQ et le PQ faisaient tous deux des gains aux dépens de l'ADQ jusqu'à la mi-campagne.

Qu'en est-il des francophones?

L'évolution présentée dans le graphique suivant montre que le PQ serait passé d'environ 38% à environ 44% chez les francophones depuis septembre 2013. Toutefois, depuis janvier, il semble y avoir une tendance à la baisse pour la CAQ, tendance qui profite surtout au PLQ. Il faudra attendre les prochaines sondages pour voir si cela se confirme. Notons que le sondage Forum fait par téléphone automatisé donne une lecture différente des autres firmes, plaçant, dans le dernier sondage, le PLQ à 36% et la CAQ à 13%.


Y a-t-il des régions où les évolutions sont différentes?

Il faut faire attention aux prochains graphiques étant donné la taille des échantillons, nettement moins importante dans les sous-régions. Les estimations sont donc à la merci de marges d'erreur ou à tout le moins d'intervalles de crédibilité (pour ce qui est des sondages internet) assez élevés. Toutefois, la lecture faite par les derniers sondages est assez similaire.

Pour ce qui est de la RMR de Montréal, le PLQ et le PQ auraient profité également depuis janvier de la chute des intentions de vote pour la CAQ. Par contre, avant janvier, les intentions de vote pour le PLQ et le PQ évoluent en sens inverse. L'intention de vote pour le PLQ se situerait autour de 40% et celle du PQ autour de 36%.

Pour ce qui est de la RMR de Québec, les échantillons sont très petits ce qui explique l'apparence de mouvements "erratiques". Si les prochains sondages confirment la tendance, le PLQ serait presque le seul à profiter d'une chute récente des intentions de vote pour la CAQ. Ici ce sont les intentions de vote pour le PLQ et pour la CAQ qui évoluent systématiquement en sens inverse alors que le PQ est plutôt stationnaire.


Enfin, pour ce qui est du reste du Québec, les échantillons sont là aussi assez petits.Contrairement à ce que l'on entend fréquemment dans les media, les données montrent une stabilité impressionnante des intentions de vote pour le parti Québécois dans le reste du Québec et une augmentation des intentions de vote pour le PLQ aux dépens de la CAQ, comme dans la RMR de Québec.

Que peut-on conclure de ces évolutions?

La faible hausse des intentions de vote pour le Parti Québécois dans l'ensemble du Québec semble provenir surtout de la RMR de Montréal et, au sein de cette RMR, probablement surtout des francophones. Ceci va à l'encontre du discours convenu voulant que ce sont chez les francophones en région que le PQ a fait ses gains "grâce à la Charte". Des sondages avec des échantillons plus importants, permettant de distinguer l'ile de Montréal du reste de la RMR aideraient sans doute à mieux évaluer la situation.

06 mars 2014

Pourquoi le vote PLQ pourrait être sous-estimé.

Bonjour,

Voici le lien à l'article publié ce matin dans La Presse, Le vote des discrets

Mon analyse du lien entre participation et vote pour le Parti Québécois se trouve ici.

Pour compléter, voici deux graphiques de l'évolution des intentions de vote depuis la dernière élection, une avec les sondages tels que publiés, l'autre avec une répartition non-proportionnelle des discrets.


Ce premier graphique montre l'évolution des intentions de vote telles que publiées. Il faut être prudent parce que l'estimation des intentions de vote par les derniers sondages a varié. CROP a mis le PQ à 40% il y a plus d'une semaine. Léger le met à 37% hier. Pour ce qui est du PLQ, il y avait des écarts importants entre les estimations des firmes cet automne mais les trois derniers sondages donnent des estimations très similaires, autour de 35%. 
Par contre, lorsque l'on fait une répartition des discrets non proportionnelle, comme je l'ai fait avec succès en 2012, soit 50% au PLQ, 25% au PQ et 25% à la CAQ, on arrive aux courbes suivantes.




Avec la répartition non proportionnelle, on voit les deux principaux partis pratiquement à égalité. Je laisse aux spécialistes l'estimation de ce que cela pourrait vouloir dire pour ce qui est des sièges. Ma répartition fait également apparaître les intentions de vote pour la CAQ un peu plus élevées, ce qui correspond sans doute à la réalité puisqu'il est arrivé, en 2007 entre autres, que l'ADQ soit sous-évalué.
Enfin, nouveauté cette année, j'inclus l'intention de vote pour Québec solidaire et la proportion de discrets de chaque sondage (en gris).

Au plaisir,

Claire Durand

Pour les spécialistes: Les lignes sont tracées en utilisant la fonction "kernel smoothing"- epanechnikov. J'ai préféré utiliser cette fonction pour le moment parce que l'évolution pour le PLQ et le PQ est quadratique et que la projection donne une image biaisée, comme si l'évolution pré-campagne se poursuivrait de la même manière pendant la campagne. J'utiliserai cette méthode tant que je n'aurai pas suffisamment de sondages pour utiliser la projection provenant des régressions.

01 mars 2014

À l'aube de l'élection de 2014, où en sommes-nous?

Bonjour,

Voici ma présentation à la table ronde sur l'élection de 2014 tenue à l'Université de Montréal le jeudi 27 février.A l'aube de l'élection de 2014, où en sommes-nous?

J'ai aussi commenté à l'émission 24 heures en 60 minutes avec Anne-Marie Dussault le 28 février.
Émission 24 heures en 60 minutes - 28 février 2014, voir à partir de la 35 ème minute.

Au plaisir